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sabato 1 novembre 2025

LES ECOLES EN ZONES DE CONFLIT

 


du monde de l’éducation




Intervention de Msg Gabriel SAYAOGO

 « Les écoles catholiques en zones de conflit 

et les meilleures pratiques face aux défis »


INTRODUCTION

Eminences, Excellences, Révérends, Eminents professeurs, Mesdames et Messieurs,

Trois pays de l’Afrique Sahélienne luttent pour leur survie. Il s’agit du Burkina Faso, du Mali et du Niger qui ont d’ailleurs formé ce qu’on appelle « l’Alliance des Etats du Sahel » (AES). Ces pays vivent les mêmes situations face aux caprices du climat, face à la guerre qui les frappe, face aux conditions de développement, face à leur destin. Pour ma participation à ce panel il m’a été demandé de parler des « écoles catholiques en zones de conflit et les meilleures pratiques face aux défis. » Malgré ce que les trois pays vivent en commun, je ne parlerai que de ce qui touche directement l’école catholique du Burkina Faso. Ce n’est pas que je veuille faire des exclusions, mais je préfère ne pas trop embrasser au risque de mal étreindre.

De manière rapide, je parlerai de trois points : Ce qui prévaut au Burkina Faso aujourd’hui, pourquoi l’attachement de l’Eglise à l’école catholique et les pratiques face aux défis de l’école catholique dans une zone de turbulence.

I. LA SITUATION DU BURKINA FASO

Voilà bientôt une quinzaine d’années, depuis 2011, que le pays fait face à des menaces récurrentes d’ordre sécuritaire et politique. Les citoyens d’une certaine génération vivent dans un sentiment de dégradation des garanties du passé, dans un sentiment d’ébranlement de ce dont les habitants du pays des hommes intègres tiraient orgueil et fierté, la cohésion sociale, la paix et la sécurité. En plus des attaques à répétition de groupes armés agissant même sur le plan international, le pays connaît des affrontements intercommunautaires. Ces affrontements sont isolés mais ils sont présents. On note çà et là des conflits entre communautés, des conflits fonciers, des conflits liés à l’exploitation des ressources, des querelles de leadership, des conflits de succession royale, etc.

Impactant la vie sociale et même économique, ces situations ont des répercussions sur le secteur de l’éducation scolaire. L’avenir de tout pays se joue sur le terrain de l’éducation. Aujourd’hui encore, au Burkina Faso, quand on commence une année scolaire, on ne sait pas si on va la terminer. Il est vrai que les mouvements de grève des élèves, les mouvements de boycott des cours ou des examens n’existent plus, mais dans les zones rurales nous vivons sous le spectre des actes terroristes : des écoles sont détruites, des enfants fréquentent sous des arbres ou sous des paillottes ; en certains endroits, les classes sont surpeuplées parce que l’école existante est au carrefour de plusieurs villages ; le déplacement internes des populations contraint à la fermeture d’écoles. En dépit de ces réalités, l’éducation scolaire et surtout celle catholique tient debout.   

II. L’EGLISE CATHOLIQUE ET SON ECOLE

Les missionnaires qui ont annoncé pour la première fois l’Evangile de la liberté au Burkina Faso ne sont pas venus uniquement avec la Bible. Ils nous ont apporté ce qu’ils étaient aussi : des infirmiers, des enseignants, des ingénieurs des ponts et chaussées, des experts agronomes, etc. C’est ainsi qu’avec l’annonce de l’Evangile, se sont mises en places des actions sociales telle l’ouverture d’écoles. La première école catholique du pays a vu le jour en 1900. 

Ayant opté de manière préférentielle pour les pauvres, bon nombre des œuvres sociales de l’Eglise sont effectivement du social. Or, quand on fait du social, il n’y a que deux alternatives : soit on a soi-même les reins solides, soit il faut compter sur la bonne volonté de tierces personnes. La manne peut tomber pendant quarante ans, mais un jour elle cessera de tomber. Quand vous engagez des enseignants il faut les payer. Eux n’ont pas fait de vœu de pauvreté comme les religieux et les religieuses. Eux ne vivent pas non plus d’honoraires de messes comme les prêtres. Suite donc à certaines difficultés de gestion, l’Eglise s’est vu obligée de céder ses écoles à l’Etat. Cela a été effectif en octobre 1969.

Voyant dans l’école une forme de sa présence dans le milieu scolaire, avec un sursaut d’orgueil, l’Eglise a organisé des assises nationales sur l’éducation catholique en 1996. Ces assises ont abouti à des résolutions et l’Eglise a entrepris des démarches pour redemander à l’Etat de lui rétrocéder ses écoles. Depuis l’an 2000, selon la demande de l’Eglise catholique, l’Etat lui rétrocède des écoles. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la situation actuelle n’est guère meilleure. Les danseurs ont changé mais la danse est restée la même. A cela s’ajoutent les effets du terrorisme que j’ai décrits un peu plus haut. Qu’à cela ne tienne, l’école fait partie de la mission d’enseignement de l’Eglise. Y renoncer serait renier une des trois fonctions reçues du Christ. Des stratégies sont alors pensées et mises en œuvre pour maintenir l’école catholique malgré les défis qui sont siens.

III. LES BONNES PRATIQUES DE L’ECOLE CATHOLIQUE FACE A SES DEFIS EN ZONES DE CONFLITS

1. La protection des domaines scolaires

La menace terroriste est omni présente. Malgré les précautions prises ou à prendre, on n’est jamais à l’abri de leurs actes violents et aveugles. Il vaut, cependant, mieux prévenir que guérir, dit l’adage. Beaucoup de domaines de nos écoles sont ouverts aux passages des riverains, des animaux en divagation et constituent des terres de prédation pour les gens mal intentionnés. Une des actions en cours est la protection des propriétés scolaires par des murs.

2. La prière pour le retour de la paix

L’adage nous enseigne qu’il faut d’abord vivre avant de penser à philosopher. La paix étant le nouveau nom du développement, fidèle à sa culture, l’école catholique invite toujours les enfants à la prière pour qu’advienne la paix. Ainsi, chaque jour, à la première heure des classes le matin et à leur fermeture le soir, les enfants prient pour demander la paix. Ils prient aussi pour la santé de leurs parents qui se soucient de leur éducation. Ils prient pour les autres acteurs de l’éducation pour que ces derniers aient toujours à cœur, le bien de l’apprenant et de la société.      

3. L’éducation à la résilience

Les obstacles à un bon déroulement des programmes scolaires au sein de l’éducation catholique sont omniprésents. Nous espérons que cela prendra fin un jour. Notre espérance va du fait que Dieu n’est pas sourd à nos supplications et que rien de ce qui est fruit de l’imagination ou de l’action de l’homme n’est éternel. Aucune hégémonie n’est perpétuelle. Les conflits dont le terrorisme peuvent sembler insurmontables aujourd’hui. Le gardien d’Israël ne sommeille pas. A l’école catholique nous enseignons à nos enfants à vivre avec toute adversité et même à la dépasser. Malgré les réalités des vents contraires, les enfants ne doivent pas rester dans une position de victimisation. Personne ne vaincra le terrorisme à leur place. Ce sont eux qui le vaincront. Et pour y arriver ils doivent accepter de travailler. Une bonne partie de notre éducation est centrée sur la valeur du travail. Nul ne peut se développer sans le travail. Nul donc ne peut vaincre le mal sans le travail. 

4. La politique de la prudence

La méditation de certains passages de l’Ecriture Sainte nous dit que Dieu place ses prophètes comme des guetteurs, des sentinelles. Ces veilleurs doivent avertir le peuple d’Israël des dangers qui le menacent. A l’école catholique, nous enseignons les enfants à être vigilants sur tout ce qui peut être suspect et qui pourrait permettre à l’adversaire de surprendre les acteurs de l’éducation, soit en prenant position en leur sein, soit en posant des actes regrettables.

5. L’esprit de solidarité

Qu’il soit question de développement ou de lutte contre le terrorisme, personne ne peut le réaliser seul. Rien ne se construit sans les autres, rien ne se fait en se fermant aux autres. A l’école catholique on enseigne aux enfants et aux jeunes à savoir assumer le passé de notre histoire et à lever le regard vers l’avenir. Pleurer sur son passé, se plaindre de son présent ne servent à rien. Ce qui est utile c’est de se lancer dans la conquête de sa liberté et de son développement.    

CONCLUSION

Tout être vivant, et de manière particulière l’être humain, a des besoins naturels qu’il doit continuellement satisfaire, s’il veut toujours répondre à cette qualification de « vivant. » N’est pas seulement vivant celui qui existe, celui qui se meut, mais aussi et surtout celui qui apporte une plus-value à la vie. Telle est la mission que se donne l’école catholique. Se souciant pour l’avenir du pays, elle réfléchit à l’enseignement qu’elle donne aux jeunes, et réfléchit également à l’éducation que ces derniers reçoivent. Ils ne sont pas nés pour traverser la vie mais pour vivre. L’école catholique se doit de leur inculquer des ambitions : celles du développement, de la cohésion sociale, de la fraternité, de dignité et de souveraineté. 

 + Gabriel SAYAOGO  - Archevêque de Koupéla       

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venerdì 12 gennaio 2024

TERRE SAINTE: ECOLES SOUS LE CHOC

Il existe une centaine d’écoleschrétiennes en Terre Sainte dont une trentaine enseigne le français. 

Toutes ont fermé leurs portes au lendemain
 des événements du 7 octobre.

 

-        -  Mireille Broussous

 

Depuis les massacres du 7 octobre dernier perpétrés par le Hamas en Israël et la riposte israélienne à Gaza, le fonctionnement des établissements chrétiens en Terre Sainte – une centaine en tout - est totalement bouleversé. Les quatre écoles de Gaza ont, bien sûr, fermé leurs portes. La magnifique école catholique des Sœurs du Saint Rosaire (photo ci-contre), a même été détruite par des bombardements courant novembre. A cette institution, symbole de la présence chrétienne à Gaza, mais aussi du travail de l’Église catholique latine dans le domaine de l’éducation, s'ajoutent une cinquantaine de maisons de familles chrétiennes, entièrement démolies.

 A Bethléem, les établissements n’ont toujours pas rouvert et n’utilisent que le distanciel. Ailleurs, comme à Taybeh en Cisjordanie, ils décident au jour le jour. Quand ils le peuvent, ils assurent les cours en présentiel. Dans le cas contraire, ils optent pour des cours en ligne. À Tel Aviv, l’école des frères lassaliens de Jaffa de donne pas de cours dans ses propres locaux mais à côté d’un abri anti-bombe… « Les enseignants ont aujourd’hui affaire à des élèves très traumatisés notamment à Ramallah. Ils doivent faire preuve de beaucoup de tact et de douceur et échangent avec eux sur la situation », affirme Alice de Rambuteau, coordinatrice du Réseau Barnabé qui connaît parfaitement la région.

 Créé il y a seize ans et coordonné par la direction diocésaine de Paris, le Réseau Barnabé soutient les établissements chrétiens de Terre sainte et accompagne la diffusion de la langue et de la culture françaises dans une trentaine d’établissements. Bien sûr, il suit la situation de près même si les volontaires français qu’il accompagne d’habitude ont dû rentrer début novembre dans l’hexagone à la demande du consulat général de France à Jérusalem. Régulièrement, Alice de Rambuteau prend des nouvelles des 80 enseignants de français présents en Terre Sainte et se préoccupe plus encore de la dizaine de professeurs enseignant dans l’un des quatre établissements chrétiens de Gaza. « Nous savons que la coordinatrice de français a pu partir au Caire et qu’une enseignante est restée chez elle. Les logements des 8 autres ont été détruits. Elles ont rejoint des membres de leur famille », indique Alice de Rambuteau.

 Comment apporter de l’aide aux établissements chrétiens présents sur place et surtout à ceux qui y enseignent ou y étudient ? « Il faut prier pour eux et garder un lien fort pour leur signifier que nous ne les oublions pas. Je reçois beaucoup de messages d’établissements catholiques français qui veulent les soutenir. Via notre Réseau, ils peuvent leur adresser des messages internet ou même des cartes de vœux et courriers car des vols ont repris entre Paris et Jérusalem », souligne Alice de Rambuteau. Ceux qui souhaitent donner de l’argent peuvent le faire via l’Œuvre d’Orient. Si un établissement souhaite faire un don précisément à un établissement de Gaza, il peut le faire via le Réseau Barnabé.

 La coordinatrice garde le lien et montre l’exemple. Elle est en train de mettre en place un camp d’été en Terre sainte, qui sera animé par des enseignants d’établissements catholiques français. « On ne sait pas encore s’il pourra avoir lieu mais nous le programmons. Si la situation s’améliore, nous prendrons les billets d’avion en avril. Nous verrons bien… Il faut avoir le goût de l’aventure sinon il ne se passe rien. »

 Enseignement Catholique- France

giovedì 15 aprile 2021

Cameroun - IAPDA - PROJET «SCHOOL GREEN SPACE» 2020-2021


PROJET «SCHOOL GREEN SPACE» 2020-2021

Vulgarisation de l’agriculture auprès des enfants

 dans les 06 écoles maternelles et primaires 

des milieux urbains à Douala

AFFILIEAU : -COMITE NATIONAL DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTES (CNDHL) MEMBREDE : - L’UNION PANAFRICAINE DES BATISSEUR DE PAIX (UPABP) et - RÉSEAU CAMEROUNAIS DES ORGANISATION DES DROITS DE L’HOMME (RCODH ) - UNION MONDIALE DES ENSEIGNATS CATHOLIQUE (UMEC-WUCT)

 BP : 15043 DOUALA / Tél : 00237 696968898 – 677557770 Email: iapda_cam@hotmail.com / iapda_cam@yahoo.fr

ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LA PAIX

 ET LE DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE

 CONTEXTE : L’interaction entre l’homme et son environnement est indispensable pour sa survie. Les activités agricoles assurent la sécurité alimentaire des hommes mais devrait aussi contribuer à protéger l’environnement dans lequel ils vivent, pour lutter contre les changements climatiques.

Les tout-petits qui fréquentent les écoles maternelles et primaires situées en métropoles sont éloignés des activités agricoles. Alors même que les questions de protection de l’environnement et de développement durable sont au profit de la préservation des générations futures.

 La principale question, qui surgit est celle de savoir comment profiter de leurs fortes capacités de mémorisation pour intéresser les enfants dès leur bas âges aux choses agricoles malgré leur éloignement des sites agricole. Autrement dit: « comment recréer à l’école maternelle et primaire une ambiance à la fois didactique et ludique en rapport avec les activités agricoles pour mettre les tout petits au centre des questions liées à la lutte contre la pauvreté alimentaire et à la protection de l’environnement ».

C’est pour d’abord pour préparer l’enfant à la lutte contre la pauvreté, ensuite pour les inciter à protéger leur environnement, et enfin pour offrir aux écoles un module de formation pratique et utilitaire que l’Association International pour la Paix et le Développement en Afrique, dans le cadre de son pôle d’activités liées aux programmes : de ENFANTS – ENVIRONNEMENT POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIALE , a mis au point le projet «SCHOOL GREEN SPACE».

 

                           PROJET «SCHOOL GREEN SPACE» 2020-2021



sabato 25 aprile 2020

POPE PRAYS FOR TEACHERS AND STUDENTS . LE PAPE PRIE POUR LES ENSEIGNANTS ET LES ELEVESS


Pope at Mass prays for teachers and students during the pandemic

Pope Francis, during Mass at Casa Santa Marta on Friday turns his thoughts to teachers and students whose schools are closed due to the coronavirus.
By Lydia O’Kane

At the beginning of Mass on Friday, the Pope prayed for teachers and students during the ongoing Covid-19 pandemic.
“We pray today for teachers who have to work so hard to provide lessons via the internet and other digital ways, and we also pray for students who have to take exams in a way they are not used to. Let us accompany them with prayer.”
In his homily, Pope Francis reflected on the Gospel reading about the loaves and the fishes (John 6:1-15) focusing on the sentence, “He said this only to put Philip to the test; he himself knew exactly what he was going to do.” ........


Le Pape prie pour les enseignants et les élèves en cette période de pandémie
Durant la messe à la Maison Sainte-Marthe vendredi 24 avril 2020, le Pape François a adressé ses pensées aux enseignants et aux jeunes dont les écoles sont fermées dans de nombreux pays à cause de la pandémie.
En ce vendredi de la deuxième semaine du Temps Pascal, le Pape François a présidé la messe à la Maison Sainte-Marthe, consacrant, en introduction, ses réflexions au monde scolaire.
"Prions aujourd’hui pour les enseignants qui doivent tant travailler pour donner leurs cours par internet et pour les étudiants, les élèves qui se préparent à passer leurs examens de façon inhabituelle. Accompagnons-les par la prière". ......







domenica 15 dicembre 2019

RD CONGO - POUR LA GRATUITE' DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE


RD Congo : Les Evêques se prononcent sur la gratuité de l’enseignement primaire
Le Secrétaire général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, CENCO, l’abbé Donatien Nshole, a animé un point de presse lundi 16 décembre 2019 au centre interdiocésain, à Kinshasa, autour de la gratuité de l’enseignement décrétée en République démocratique du Congo.
Au cours de ce point de presse, l’abbé Nshole a livré  la position de l’Eglise catholique sur cette question brûlante de l’heure en rappelant qu’en 2004, dans un mémorandum, les Evêques congolais avaient levé l’option de ne pas imposer aux parents la prise en charge de la paie des enseignants. Pour l’Eglise catholique du Congo, la gratuité est irréversible. Mais, les autorités devraient bien rémunérer les enseignants pour éviter la dégradation de l’enseignement national.
Voici l’intégralité du message de la CENCO :

CONFERENCE DE PRESSE DU SECRETARIAT GENERAL DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO) SUR LA GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE.
1.    Le début de l’année scolaire en cours a été marqué par l’application d’une disposition constitutionnelle (art43,4), reprise dans la loi cadre de l’éducation de février 2014, à savoir : la gratuité de l’enseignement de base en République Démocratique du Congo. L’effectivité de cette mesure annoncée par le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été naturellement saluée avec grande joie par les parents d’élèves.
2.    Dans leur message du mois de juin 2019, les Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), qui déjà en 2004 avaient levé l’option de ne pas imposer aux parents la prise en charge de la paie des enseignants (Cf. Mémorandum des Evêques de la CENCO au Gouvernement de la République en Juin 2004), ont exprimé leur satisfaction à l’annonce de cette décision. En même temps, ils ont prié les autorités compétentes de veiller aux préalables indispensables pour sa bonne application, notamment la garantie d’un salaire digne pour tous les enseignements et la régularisation de la situation salariale des enseignants non payés (NP) et des nouvelles unités (NU).
Constats 
3.    Trois mois après la rentrée scolaire, la CENCO a organisé sur ce sujet une réunion d’évaluation qui a réuni les coordinateurs diocésains et provinciaux sous l’égide de la Coordination Nationale des Ecoles Conventionnées Catholiques. Des constats faits, nous pouvons signaler :
 Les avancées 
·        Un afflux massif des enfants jadis déscolarisés ou dont les parents furent essoufflés par le paiement des frais de motivation.
·        L’augmentation des salaires des enseignants des établissements publics.
·        L’augmentation des frais de fonctionnement des écoles primaires.
·        La suppression des frais de motivation à tous les niveaux (maternel, primaire et secondaire).
·        La suppression des autres frais scolaires au niveau primaire.
·        649 soit 71,4% des enseignants des écoles conventionnés catholiques sont payés.
·        565 écoles conventionnées catholiques soit 70,7% sont mécanisées et budgétisées. 
Les défis
·        698 soit 9,7%des enseignants ne sont pas payés (NP).
·        138 soit 18,9% des enseignants sont des nouvelles unités non enregistrés, par conséquent non payés (NU).
·        898 soit 11,6% des écoles sont mécanisées mais non budgétisées.
·        317 des écoles soit 8,1% ne sont ni mécanisées ni budgétisées.
·        330 écoles soit 8,1% sont non agrées mais opérationnelles.
·        243 écoles soit 1, 5% sont agrées mais non opérationnelles.
·        La démotivation des enseignants NP et NU ainsi que tous les agents d’appoint en Provinces (directeurs de discipline, surveillants, sentinelles, secrétaires, ouvriers) qui ne sont pas payés.
·        Grèves passives ou actives des enseignants dont la rémunération est non satisfaisante
·        Difficulté de fonctionnement des écoles non budgétisées par manque des frais de fonctionnement.
·        Effectifs pléthoriques entraînant l’insuffisance des infrastructures.
·        Manque de matériels didactiques et de manuels scolaires particulièrement dans les classes de 7ème et 8ème pour certains cours inscrits au programme.
·        Manque d’équité dans l’octroi des frais de fonctionnement aux écoles et aux bureaux des gestionnaires.
·        L’arrêt de tous les projets entrepris au niveau des écoles notamment ceux de construction des nouvelles infrastructures et d’équipement. 
Recommandations
1.    La CENCO salue les efforts fournis par le Gouvernement pour appliquer la gratuité de l’enseignement de base et félicite toutes les autorités qui sont impliquées à sa mise en œuvre. Cependant,  si les efforts fournis ne sont pas soutenus et que les difficultés relevés ci-dessus ne sont pas pris très au sérieux, ce bel élan pris peut facilement être brisé avec le risque de retourner en arrière.
C’est pourquoi nous recommandons vivement aux dirigeants de :
·        Exécuter la promesse du Chef de l’Etat de rémunérer les N.P en Janvier 2020 ;
·        Rassurer les NU qu’ils seront payés avec effet rétroactif pour les motiver,
·        Identifier les écoles mécanisées et non budgétisées, aussi celles non mécanisées et non budgétisées et procéder au payement de leur frais de fonctionnement ;
·        Exécuter la promesse du Chef de l’Etat de mettre fin au moratoire de création des écoles, par l’harmonisation de la carte scolaire et la révision des structures des classes ;
·        Prendre en charge les frais des examens d’Etat afin d’éviter la corruption et d’encourager la rigueur dans ces épreuves, et mettre en place un comité d’organisation indépendant au niveau national et provincial, comprenant tous les partenaires éducatifs ;
·        Mettre en place un plan de construction et de réhabilitation des écoles.
·        Assurer l’équipement en bancs et en outils didactiques ;
·        Procéder à la suppression ou à la fusion des bureaux gestionnaires pléthoriques et budgétivores créés en dehors des normes ;
·        Procéder à la réforme urgente du service de contrôle de la paie (SECOPE) pour garantir la transparence du fichier du personnel enseignant et la traçabilité des fonds mis à sa disposition;
·        Promouvoir efficacement l’éthique par le contrôle et l’application rigoureuse des sanctions administratives et pénales en cas de pratiques de monnayage des actes éducatifs ;
·        Interdire les interventions intempestives de l’ANR, des partis politiques et autres services spéciaux dans les écoles.
2.    La gratuité de l’enseignement primaire doit être irréversible. La CENCO est disposée à apporter sa contribution dans la recherche des solutions pour surmonter les principales difficultés qui risquent de compromettre la réussite de cette politique de gratuité ou de contribuer à la baisse du niveau de l’enseignement qui est déjà déplorable, à savoir : le non-paiement des enseignants qui prestent depuis septembre ; l’insuffisance des salaires qui, pour certains, sont sensiblement revus à la baisse.
3.    Le prochain Comité Permanent des Evêques membres de la CENCO qui se tiendra en février 2020 se penchera particulièrement sur ces questions qui attendent les réponses concrètes.
4.    Puisse la sagesse Divine habiter tous les acteurs éducatifs de notre pays et que, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, le Seigneur bénisse notre jeunesse et leurs éducateurs. 
Kinshasa, le 15 décembre 2019
Abbé Donatien NSHOLE BABULA
Secrétaire Général de la CENCO