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venerdì 20 novembre 2020

PANDEMIE ET POLITIQUE DE LA VIE

 Covid-19, vulnérabilité et nécessité de penser l’Ubuntu


comme fondement de la politique de la vie

Emmanuel M. Banywesize *

Je suis heureux de participer, en tant que représentant de l’ACP en Afrique centrale et occidentale et membre de l’UMEC, à ce forum de philosophie, co-organisé par l’ASEPHI et l’UNESCO. Ma communication est intitulée Covid-19, vulnérabilité et nécessité de penser l’Ubuntu comme fondement de la politique de la vie. Je propose au débat quelques prémisses du livre que j’ai publié à Paris, aux éditions du Cygne. Son titre est En finir avec la politique de la différence en Afrique. Leçons des mouvements citoyens et de Covid-19. J’ai choisi d’organiser mon texte autour du questionnement suivant : Quelles leçons philosophiques tirées du surgissement, de la diffusion et des conséquences de la pandémie de Covid-19 ? Quelle philosophie et quelle politique peut-on articuler et promouvoir au regard des impuissances et failles politiques et du désastre humanitaire révélés par cette Covid-19, même si, en Afrique, on se satisfait que celle-ci n’a pas provoquée l’hécatombe redoutée ? Les réponses à ces questions se déclinent ainsi :

1.Cette pandémie a révélé l’illusoire maîtrise humaine de la Matière et tempère l’optimisme généré par le progressisme moderne ;

2.En dépit des inégalités socio-économiques et de la persistante croyance à la supériorité de quelques humains ou de quelque race sur d’autres, la covid-19 établit l’égalité, la fragilité et la vulnérabilité des corps. Elle engage ainsi les humains à reprendre conscience de la responsabilité individuelle et collective vis-à-vis du périssable dont ils sont redevables, à savoir : la vie, la biodiversité et la Cité.

3.La Covid-19 engage à affirmer l’incontournabilité de l’humain et de l’humanisme au détour de la critique de l’économicisme qui subordonne l’humain à l’économie et au marché, et se borne à évaluer une vie à l’aune de sa valeur économique ou de la valeur virtuelle ;

4. Il est nécessaire, sous peine de disparation humaine collective, de tirer un train sur les politiques de la différence et de penser ensemble la politique de la vie articulée entre autres sur l’Ubuntu. Défini et théorisé par Desmond Tutu, Nelson Mandela, Souleymane Bachir Diagne et Kaumba Lufunda, entre autres, il signifie pour moi un humanisme unidiversal qui pose que les humains sont divers et qu’ils ne peuvent se réaliser clôturés chacun sur soi, mais les uns aux risques des autres, aux miroirs des autres, en solidarité et en responsabilité des uns pour les autres....... 

COVID-19, NECESSITE' DE PENSER L'UBUNTU






domenica 15 novembre 2020

UNESCO - JOURNEE MONDIALE DE LA PHILOSOPHIE 2020

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Instituée en 2005 par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la Journée mondiale de la philosophie est célèbrée chaque année le troisième jeudi du mois de novembre.

Le terme « philosophie » vient du grec et se traduit littéralement par « l’amour de la sagesse ». Si l’on devait décrire la philosophie, on pourrait dire qu’il s’agit d’un ensemble de réflexions critiques et argumentées concernant le monde et la place que nous y occupons. La philosophie fournit la base conceptuelle des principes et des valeurs dont dépend la paix mondiale : la démocratie, les droits de l'homme, la justice et l'égalité. En outre, la philosophie contribue à consolider les véritables fondements de la coexistence pacifique et de la tolérance.

Les principaux objectifs de la Journée mondiale de la philosophie sont :

·         renouveler l'engagement national, sous-régional, régional et international en faveur de la philosophie ; 

·         encourager l'analyse, la recherche et les études philosophiques sur les grands enjeux contemporains afin de mieux répondre aux défis qui se posent aujourd'hui à l'humanité ;

·         sensibiliser l'opinion publique à l'importance de la philosophie et de son usage critique dans les choix que font surgir pour de nombreuses sociétés les effets de la mondialisation ou l'entrée dans la modernité ; 

·         faire un état des lieux de l'enseignement de la philosophie dans le monde, en mettant l'accent en particulier sur les inégalités d'accès ;  

·         souligner l'importance de la généralisation de l'enseignement philosophique pour les générations futures.

Édition 2020

L’édition 2020 souhaite inviter le monde entier à réfléchir au sens de la pandémie en cours, en soulignant la nécessité plus que jamais essentielle d’avoir recours à la réflexion philosophique pour faire face aux multiples crises que nous traversons.

La crise sanitaire interroge de multiples aspects de nos sociétés. Dans ce contexte, la philosophie nous aide à prendre le recul nécessaire pour mieux avancer, en stimulant la réflexion critique sur des problèmes déjà présents mais que la pandémie a poussé à leur paroxysme.

Historique

La Journée de la philosophie est célébrée chaque année depuis 2002. Elle a été officiellement proclamée en 2005 par la Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). 

En proclamant la Journée mondiale de la philosophie, l'UNESCO souligne l'importance de cette discipline, surtout pour les jeunes — « la philosophie est une discipline qui encourage la pensée critique et indépendante, à même d’œuvrer pour une meilleure compréhension du monde et de promouvoir la tolérance et la paix ».

Pourquoi une Journée mondiale de la philosophie ? 

Nombre de penseurs avancent que « l'étonnement » se trouve au coeur de la philosophie. Certes, la philosophie est issue de cette tendance naturelle chez les humains à s'étonner d'eux-mêmes et du monde dans lequel ils vivent.

Cette discipline qui se veut « sagesse » nous apprend à réfléchir sur la réflexion, à remettre en question des vérités bien établies, à vérifier des hypothèses et trouver des conclusions.

Depuis des siècles et cela dans toutes les cultures, la philosophie a donné naissance à des concepts, des idées et des analyses, posant ainsi les fondements de la pensée critique, indépendante et créative. La Journée de la philosophie à l'UNESCO a permis à cette institution de célébrer tout particulièrement l'importance de la réflexion philosophique et d'encourager les populations du monde entier à partager entre elles leur héritage philosophique.

Pour l'UNESCO, la philosophie offre les fondements conceptuels des principes et des valeurs dont la paix mondiale dépend- la démocratie, les droits humains, la justice et l'égalité. La philosophie permet de consolider ces authentiques fondements de la coexistence pacifique.

Cette Journée nous offre l'occasion de nous poser aussi des questions souvent oubliées : À quoi négligeons-nous de réfléchir ? À quelles réalités intolérables nous habituons-nous ?

UNESCO




 

domenica 29 dicembre 2019

LOGIQUE ET ARGUMENTATION


Chaque fois qu’un humain produit une idée ou écrit un texte, il produit un monde ou un individu autopoïèse, doté de capacité à se produire lui-même et à se maintenir, voire à évoluer dans une interaction permanente avec son environnement.
Ces assises de Brazzaville auront été un lieu d’autocritique. Et, l’autocritique a une valeur rédemptrice, en ce qu’elle est un moyen d’identifier, avant qu’elles ne se produisent, les failles et les impasses qui risqueraient de nous précipiter dans le désastre ou l’abîme. 
Elles nous ont permis de comprendre le sens et les enjeux de l’aphorisme bachelardien selon lequel, en science (tout comme en philosophie) « Rien n’est donné, tout est construit ».
La philosophie n’est pas une donnée, mais, un construit de la raison, au départ des problèmes qui génèrent l’étonnement, c’est-à-dire la découverte de l’ignorance, laquelle ne peut être dépassée que par la connaissance. 
La philosophie est un construit de la raison qui dis- court, c’est-à-dire qui court d’un lieu à un autre et à tous les autres, pour tenter de comprendre l’objet-problème qui suscite l’étonnement et d’y apporter une solution, fusse-t-elle interrogative. En discourant, on apprend ou on réapprend à comprendre la pensée, l’homme, la société, bref le Monde.
Les uns et les autres ont discouru, après une apostrophe à la pensée de Jean Kinyongo Jeki et les encourageantes leçons des Maîtres Théophile Obenga, Joseph Kouka Campo, Charles Zacharie Bowao, Grégoire Léfouoba, Jean Claude Bayakissa,...
Dans cet élan, on reconnaîtra : Lufunda Kaumba, Marcel Nguimbi, Emmanuel Banywesize Mukambilwa, Louis Mpala Mbabula, Claver Boundja, Evariste Dupont Boboto, Auguste Nsonsissa, Paul Miamboula, Laurent Gankama, Amen Krishna Ndounia, Giscard Kevin Dessinga, Didier Ngalebaye, Akanis Maxime Akanokabia, Florent Malanda Konzo, Pierre Hubert Mfoutou, Anselme Mbemba-Mpandzou, Ghislain Thierry Maguessa Ebomé, Freddy Kasongo Mukambo.

Illustration de couverture : © Pixabay
ISBN : 978-2-343-19074-7 33 e

martedì 23 aprile 2019

CONGO - JOURNEES DOCTORALES DE PHILOSOPHIE



Où sommes-nous et quel sera notre prochain pas ?
Bref propos sur les Premières journées doctorales de philosophie
de Brazzaville

Pr Emmanuel Banywesize Mukambilwa
Université de Lubumbashi (RDC)

         En clôturant la cinquième journée de nos assises doctorales, le philosophe Marcel Nguimbi a annoncé que je devais dire un mot sur ce qu’elles nous auront appris. J’ai pensé le dérouler sous l’intitulé « Où sommes-nous et quel sera notre prochain pas ? Bref propos sur les premières journées doctorales de Brazzaville ».
         Ceux qui n’aiment pas traverser les apperences peuvent bien répondre que nous sommes à Bayardelle, à l’Université Marien Ngouabi, et qu’après le mot final du philosophe Charles-Zacharie Bowao, nous partagerons, probablement, un repas et une boisson pour sceller nos liens, puisqu’anthropo-sociologiquement et mystiquement, partagés, le repas et la boisson deviennent des liants. Ils contribuent à tisser des liens entre les sujets. Nous nous disperserons, chacun allant vaquer à ses rendez-vous, en attendant la fête chrétienne de la résurrection du Christ et la reprise de tâches administratives, pour les uns, et la mission enseignante, pour les autres. Pourtant, nous resterons liés, puisque nous aurons participé au même banquet philosophique, partagé une boisson congolaise et écouté les notes de la rumba, cette musique afro-caribéenne qui unit aussi les peuples du bassin du Congo.
            Où sommes-nous ? À Bayardelle, en train de produire un monde qui nous produira. Karl Popper l’appellerait « Monde 3 » et Edgar Morin, « individu du troisième degré ». Chaque fois qu’un humain produit une idée ou écrit un texte, il produit un........