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venerdì 27 maggio 2022

ECOUTER L'HUMANITE' - ESCUCHAR A LA HUMANIDAD - LISTENING TO HUMANITY


 Journée des communications: 

écouter l'humanité au-delà du vacarme de la guerre

MESSAGE OF HIS HOLINESS POPE FRANCIS
FOR THE 56th WORLD DAY OF SOCIAL COMMUNICATIONS

Listening with the ear of the heart

[ AR  - DE  - EN  - ES  - FR  - IT  - PL  - PT  - ZH_CN  - ZH_TW ]

La Journée mondiale des communications, dimanche 29 mai, a pour thème l'écoute et souligne l'urgence de placer la personne au centre de l'information. Comme l'a souligné le Pape François, «le bon journalisme ne peut se faire sans la capacité d'écouter». Un besoin rendu encore plus évident pendant la pandémie et maintenant dans la guerre en Ukraine.

 Alessandro Gisotti - Cité du Vatican 

«François est un homme qui non seulement entend, mais qui écoute». Il est significatif que cette définition du Pape ait été proposée par le secrétaire-général de Caritas-Spes Ukraine, le père Vyacheslav Grynevych, après une récente rencontre avec le Pape à la Maison Sainte-Marthe. Le prêtre pallottin a confié que c'est précisément cela -"écouter"- qui est en fait la tâche la plus importante que lui, comme les autres travailleurs et bénévoles de Caritas Ukraine, accomplit, en plus du travail humanitaire, depuis le 24 février, jour du début de l'invasion russe.

Écouter la souffrance des mères qui ont perdu leurs enfants, celle des pères qui se battent pour défendre leur patrie et ne savent pas s'ils reverront leur famille. Écouter les cris inconsolables des enfants qui, depuis presque cent jours, vivent dans la terreur, aspirés par une guerre cruelle qui a interrompu le cours naturel de leur existence faite de jeux, d'école et d'affection familiale, comme devrait l'être la vie de tout enfant. Écouter, donc, pas entendre. Parce que pour entendre il suffit d'avoir l'oreille, pour écouter il faut avoir le cœur. Là est le siège de l'écoute.

Se faire voisin d'autrui par l'écoute

Lorsque le Pape François a choisi comme thème de la Journée mondiale des communications de cette année précisément l'écoute, sa réflexion s'est principalement appuyée sur l'expérience traumatisante de la pandémie de Covid-19. Il faisait référence à la solitude existentielle à laquelle une partie de l'humanité était nécessairement contrainte par les restrictions sanitaires qui paralysaient ce qui distingue le plus l'être humain, la personne: les relations avec ses pairs.

Ce n'est pas une coïncidence, lit-on dans le message pour la journée qui sera célébrée dimanche prochain, que «la capacité d'écouter la société est plus précieuse que jamais en ce temps blessé par la longue pandémie». Pour François, «nous devons prêter l'oreille et écouter profondément, en particulier le malaise social accru par le ralentissement ou la cessation de nombreuses activités économiques». Pouvoir, donc, capter le désir d'être entendu, qui a grandi hors de toute proportion dans les plis de ce silence contre nature qui s'est abattu sur nos communautés depuis tant de mois, nous faisant redécouvrir la nécessité de nous rendre proches (un thème, la proximité, du premier message de François pour les communications sociales, en 2014). Ce n'est que si l'on se rapproche de l'autre, si l'on se fait son voisin, si l'on est à un battement de cœur de lui -semble suggérer le Pape- que l'on peut vraiment l'écouter.

Le bruit de la guerre

Si, par conséquent, le thème de l'écoute est né, avant tout, de l'expérience de la pandémie, il n'en a pas moins de valeur dans le contexte tragique de la guerre en Ukraine, ainsi que de tout conflit. Si, en effet, dans la pandémie, la capacité d'écoute devait trouver les bonnes fréquences dans le silence, maintenant c'est dans le vacarme des armes, dans le bruit de la guerre que cette attitude du cœur doit pouvoir intercepter la voix de ceux qui souffrent. Selon une vision fonctionnaliste de la communication, elle «se produit» s'il y a un émetteur, un récepteur et un code partagé. La communication était donc centrée sur le fait de «dire quelque chose» plutôt que d'«écouter quelqu'un». La guerre, tout comme la pandémie, a au contraire démontré ce que le philosophe Abraham Kaplan (né à Odessa), cité par le Pape dans le message, avait déjà indiqué, à savoir que la communication authentique ne se réduit pas à la juxtaposition de deux monologues (un duologue), mais exige que le "je" et le "tu" soient tous deux «en sortie», tendus l'un vers l'autre. «L'écoute, écrit François, est donc le premier ingrédient indispensable du dialogue et de la bonne communication. On ne communique pas si on n'a pas d'abord écouté et on ne fait pas du bon journalisme sans la capacité d'écouter». 

Écouter ceux qui ont la voix la plus faible

Dans cette dernière déclaration, nous trouvons une exhortation et une mission pour les travailleurs de l'information, surtout dans une conjoncture historique aussi délicate et imprévisible que celle que nous vivons. Pour faire une bonne communication, un bon journalisme, il faut écouter. Tout d'abord, écouter ceux qui ont la voix la plus faible. Une tâche dont s'acquittent, même au péril de leur vie, les nombreux journalistes présents sur le terrain en Ukraine, ainsi que ceux qui travaillent dans tout autre endroit où se déroulent des guerres plus ou moins oubliées. Écouter demande de la patience, de l'humilité. Une vertu qui, comme l'a déclaré le Pape lors de sa rencontre avec les journalistes de l'Association de la presse étrangère en Italie le 18 mai 2019, rend libre et non médiocre. «Le journaliste humble, déclarait-il à cette occasion, est un journaliste libre. Libre de tout conditionnement. Sans préjugés, et pour cette raison "courageux". Une liberté qui doit être préservée aujourd'hui plus que jamais, en sachant que celle des travailleurs de l'information n'est pas seulement un métier, mais une mission au service du bien commun. 

Vatican News



lunedì 26 ottobre 2020

ENSEIGNER ET FORMER L’HOMME AUTREMENT

 ENSEIGNER ET FORMER L’HOMME AUTREMENT : 

UN DÉFI POUR L’ECOPO-LUBUMBASHI (R.D. CONGO)

DISCOURS ACADEMIQUE DU PROFESSEUR EMMANUEL M. BANYWESIZE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DE LA GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE, PRONONCÉ À LUBUMBASHI, LE 24 OCTOBRE 2020

Excellences, Honorables, Révérend Père Provincial, Révérends Pères et Révérendes Sœurs, Mesdames et Messieurs, Distingués invités, Étudiantes et étudiants, Le rituel académique en République démocratique du Congo veut que le Recteur ou le Directeur général prononce un discours académique au cours de la cérémonie de proclamation des résultats des étudiants et de collation des grades académiques. Je vais donc m’y soumettre, en intitulant mon discours : Enseigner et former l’homme autrement : un défi pour l’EcoPo-Lubumbashi.

Je privilégierai une démarche articulée sur la sociologie du présent qui se veut phénoménologique, c’est-à-dire consacrée à la compréhension d’événements ou de faits tels qu’ils apparaissent, se succèdent et affectent les humains dans le monde jamais figé mais toujours dynamique, confronté aux multiples défis.

L’un des défis majeurs auxquels les humains et les sociétés sont confrontés en ces temps des crises et menaces globales, dont celle de la pandémie de Covid-19, c’est (sur)vivre ensemble grâce à la politique de l’humain qui s’instruit des changements dans le monde. Les changements majeurs sont souvent provoqués par des facteurs tels la guerre, la crise économique, le réchauffement climatique, les pandémies et les surgissements des mouvements sociaux sous forme des foules dans l’espace public.

Aucune société n’y échappe et, ce faisant, toutes les sociétés sont confrontées au même défi : celui qui consiste à se réinventer pour perdurer dans le temps et garantir à ses populations un avenir meilleur qui se décline en termes d’une vie bonne purgée des violences, de misère et d’indigence matérielle et d’indignité. La réinvention sociale n’est possible que si l’éducation des citoyens est placée au cœur de la politique approchée dans son sens étymologique, à savoir : prise en charge commune de la polis, cité qui rassemble les humains sous le règne des lois édictées en vue de l’intérêt général. La politique ainsi entendue, porte une autre idée : celle de politeia, citoyenneté qui renvoie à la …..

Voir: ENSEIGNER ET FORMER L'HOMME






domenica 29 dicembre 2019

LOGIQUE ET ARGUMENTATION


Chaque fois qu’un humain produit une idée ou écrit un texte, il produit un monde ou un individu autopoïèse, doté de capacité à se produire lui-même et à se maintenir, voire à évoluer dans une interaction permanente avec son environnement.
Ces assises de Brazzaville auront été un lieu d’autocritique. Et, l’autocritique a une valeur rédemptrice, en ce qu’elle est un moyen d’identifier, avant qu’elles ne se produisent, les failles et les impasses qui risqueraient de nous précipiter dans le désastre ou l’abîme. 
Elles nous ont permis de comprendre le sens et les enjeux de l’aphorisme bachelardien selon lequel, en science (tout comme en philosophie) « Rien n’est donné, tout est construit ».
La philosophie n’est pas une donnée, mais, un construit de la raison, au départ des problèmes qui génèrent l’étonnement, c’est-à-dire la découverte de l’ignorance, laquelle ne peut être dépassée que par la connaissance. 
La philosophie est un construit de la raison qui dis- court, c’est-à-dire qui court d’un lieu à un autre et à tous les autres, pour tenter de comprendre l’objet-problème qui suscite l’étonnement et d’y apporter une solution, fusse-t-elle interrogative. En discourant, on apprend ou on réapprend à comprendre la pensée, l’homme, la société, bref le Monde.
Les uns et les autres ont discouru, après une apostrophe à la pensée de Jean Kinyongo Jeki et les encourageantes leçons des Maîtres Théophile Obenga, Joseph Kouka Campo, Charles Zacharie Bowao, Grégoire Léfouoba, Jean Claude Bayakissa,...
Dans cet élan, on reconnaîtra : Lufunda Kaumba, Marcel Nguimbi, Emmanuel Banywesize Mukambilwa, Louis Mpala Mbabula, Claver Boundja, Evariste Dupont Boboto, Auguste Nsonsissa, Paul Miamboula, Laurent Gankama, Amen Krishna Ndounia, Giscard Kevin Dessinga, Didier Ngalebaye, Akanis Maxime Akanokabia, Florent Malanda Konzo, Pierre Hubert Mfoutou, Anselme Mbemba-Mpandzou, Ghislain Thierry Maguessa Ebomé, Freddy Kasongo Mukambo.

Illustration de couverture : © Pixabay
ISBN : 978-2-343-19074-7 33 e

domenica 1 settembre 2019

BIOETIQUE ET ENSEIGNEMENT DE DU CHRIST

Vincent Dollmann *


Dans le cadre de la révision des lois bioéthiques en France, Mgr Dollmann a indiqué quelques repères donnés par l’enseignement du Christ et a appelé les personnes croyantes et de bonne volonté à entrer dans la civilisation de la vie.  Ce message s’adresse également à tous ceux qui sont engagés dans une mission éducative.


La Vierge Marie chante le Magnificat, la louange au Seigneur, en indiquant comme raison première : « parce qu’Il s’est penché sur son humble servante ». Marie évoque ainsi la profondeur de la relation personnelle avec Dieu et la dignité extraordinaire que l’homme en tire. Dieu ne cherche jamais à rabaisser, mais toujours à élever dans la communion de vie avec lui.
Pour cela, Dieu cherche des cœurs humbles qui savent tout recevoir de lui et qui se placent sous son regard. D’ailleurs Dieu ne regarde pas au-dessus ni autour de lui, puisque rien ne le dépasse et rien, non plus, n’est son égal. Il ne peut regarder qu’en dessous. Marie l’a compris en ayant gardé cette place durant toute sa vie terrestre.
Elevée dans la gloire de Dieu, elle est pour toute l’humanité un incessant appel à laisser l’orgueil et la volonté de puissance de côté, pour se placer sous le regard de Dieu qui seul fait grandir et entrer dans la vie et le bonheur sans fin. Or c’est là une conversion difficile dans notre société où Dieu n’a plus le droit de cité. L’homme moderne vit comme si Dieu n’existait pas. Mais ne doit-il pas admettre aujourd’hui les limites et le non-sens d’une telle position. Ainsi malgré l’accélération des progrès scientifiques et techniques, le monde moderne est incapable d’éradiquer la faim et la misère d’une grande partie de la population mondiale.
Seul Dieu peut changer les cœurs, seul Dieu peut guérir notre intelligence et notre volonté pour les orienter vers les biens de la vie et du bonheur. La Vierge Marie dans son Assomption vient soutenir notre confiance en Dieu et notre obéissance à sa Parole.
En cette année de la révision des lois bioéthiques, nous vivons un moment décisif pour l’avenir de notre société. Nos responsables politiques préparent des lois touchant à la famille, mais aussi à la vie humaine de sa conception jusqu’au seuil de sa mort. Saurons-nous à la suite de la Vierge Marie témoigner de la valeur inestimable de la vie et de la nécessité de la protéger pour le bien commun de notre société et l’avenir de notre pays ?
Eclairés par la démarche de Dieu qui a choisi une famille pour permettre à son Fils Jésus de venir sur terre et encouragés par la rencontre entre Marie et Elisabeth, les deux cousines enceintes, le temps est venu d’affirmer :
Non à tout projet qui fragilise la famille et déconsidère le rôle du père et de la mère.
Mais, oui au soutien des jeunes couples qui désirent accueillir et éduquer des enfants.
Entraînés par le chant de la Vierge Marie qui proclame un Dieu ami des humbles, ne devons-nous pas dire :
            Non à tout projet qui se focalise sur les droits des adultes à l’adoption et à la procréation, oubliant les devoirs, voire le bien de l’enfant.
Mais, oui à la possibilité d’offrir à chaque enfant un père et une mère et de lui permettre de se structurer dans une relation d’altérité, selon les repères des sciences de la psychologie.
Contemplant la destinée de la Vierge Marie, première à recevoir pleinement la vie du Christ Ressuscité, nous devons affirmer :
Non aux idéologies égalitaires et relativistes qui font croire que tout se vaut et que tout se discute.
Oui au respect de toute personne, mais également de toute famille qui lui offre un cadre précieux.
Oui à l’égalité de l’homme et de la femme, mais dans le respect des différences voulues par le Créateur.
Riches du trésor de la foi et éclairés par l’espérance de la Fête de l’Assomption, nous ne pouvons pas nous désintéresser des enjeux liés aux projets de loi concernant la famille et la vie humaine. Ce qui touche la personne humaine, la vie en société, touche notre foi ; car nous croyons au Christ Sauveur de tous les hommes et de tout l’homme. Plus largement, ce respect de la vie des personnes humaines est fondamental, si nous voulons bâtir une société juste et fraternelle et œuvrer pour la sauvegarde de la création. Plaidant pour une écologie intégrale, le Pape François aime à répéter dans son encyclique que « tout est lié ». Cette prise de conscience est salutaire pour notre société prête à sacrifier les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité pour servir l’idole du désir individuel.
Lors des Etats généraux de la bioéthique l’an dernier où de nombreux chrétiens se sont exprimés, les citoyens ont pu découvrir la pertinence de la réflexion chrétienne. Le débat parlementaire des prochains mois doit devoir en prendre compte et éviter que des lois soient votées pour des intérêts de confort ou d’enrichissement. Face à la dictature du désir individuel qui devient la norme intransigeante de la vie en société, nous avons comme chrétiens un devoir de vigilance en alertant nos élus et en priant pour eux. Par notre persévérance dans la prière, nous pouvons laisser l’Esprit de Dieu agir en nous et à travers nous. Nous trouverons ainsi la lumière et la force pour promouvoir l’enseignement du Christ et de son Église.

Dans cette eucharistie, le Seigneur Jésus se fait Pasteur et Serviteur. Par l’Esprit-Saint, il se donne pour que grandisse en nous et à travers nous, son Règne de vie et de bonheur. 
Ce Règne, Dieu notre Père le veut de toute éternité pour notre humanité, comme nous le chantons avec Marie : « Il se souvient de son amour à jamais ». 
Marie, Notre Dame de l’Assomption, Notre Dame de Grâce en est le signe vivant et veut nous faire entrer dans la civilisation de la vie.

 ✠ Vincent Dollmann 
Archevêque de Cambrai, Assistent Ecclesiastique de l'UMEC-WUCT

Homélie pour la fête de l'Assomption à la Cathédrale Notre-Dame-de-Grâce de Cambrai.