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sabato 24 gennaio 2026

UNIVERSALITE ET TOLERANCE

Jan De Groof -

 

L’universalité au service 

de la tolérance

 

-par Hervé GERARD*

 

Juriste et philosophe, Jan De Groof est peu connu du grand public. Mais cette figure intellectuelle belge est particulièrement réputée, notamment en ce qui concerne les relations, complexes, entre l’Eglise et l’Etat. Ce qui vaut aujourd’hui d’être un conseiller du pape François en matière d’éducation et d’enseignement.

Les facettes de Jan De Groof sont multiples au point de former un incroyable mécano qui conduit à une construction intellectuelle tout entière dédiée à la réflexion.

Et si son nom est peu connu du grand public, son influence est particulièrement importante dans les domaines qui sont siens. Juriste, philosophe mais aussi docteur en droit canon, ce qui est rare pour un laïc, cet Anversois dit avoir été intrigué très jeune par le rôle de l’Eglise dans la société, et par son langage. A la fois praticien du phrasé du droit civil et canonique, il s’est alors intéressé dès ses études aux liens étroits qui existent entre histoire religieuse et politique. C’est ce qui l’a conduit à être à la fois attaché du cabinet de la ministre de la Culture de l’époque et étudiant à la KUL.

Ses deux thèses de doctorat rejoindront ses préoccupations de toujours puisqu’elles traiteront pour l’une des relations juridiques entre Etat et Eglise et pour l’autre du droit de l’enseignement et la préservation du choix scolaire. Ces deux travaux remarquables contribueront à le faire entrer dans le centre d’études alors linguistiquement mixte du PSC-CVP en même temps d’ailleurs qu’un certain Herman Van Rompuy. Dès lors, la vie professionnelle de celui qui, aujourd’hui encore, enseigne au Collège de l’Europe et à l’université de Tilburg, tout en étant invité

À donner des cours dans le monde entier, de Pretoria dont il est docteur Honoris Causa à Moscou ou à Pékin, sera animée par une réflexion continue et influente sur la politique quotidienne.

Jan De Groof est aussi Commissaire du Gouvernement de la Communauté flamande auprès des universités d’Anvers et du Limbourg et de l’Institut de Médecine tropicale. A ce titre, il est garant du statut juridique de ces hautes institutions et de leur bonne santé budgétaire.

Il se plaît aussi à souligner son rôle de conseiller auprès des ministres de sa compétence. "J’ai toujours eu, nous dit-il, d’excellentes relations avec tous ces hommes de pouvoir de quelque bord qu’ils soient et notamment les meilleures avec un socialiste franc-maçon."

Dans le novembre 2022 il à été élu président de l’UMEC-WUCT, Union Mondial des Enseignants Catholiques. Cela lui permet d’interagir avec les enseignants de différents pays. Cette année il à organisé, avec le Dicastère de l’Education du Vatican, et ses coopérateurs, le Jubilée mondial de l’Education.

L’école, vecteur de Démocratie

"Mes recherches m’ont amené à comprendre que la transition d’un Etat non-démocratique en Etat de droit passait nécessairement par une évolution des mentalités dans le cadre de l’école", confie Jan De Groof qui fut aussi chargé de mission de l’UNESCO. En Russie, en Afrique du Sud, dans les Balkans, les écoles ont été le vecteur de la tolérance et du pluralisme qui seront ensuite inscrits dans les nouvelles constitutions de ces pays. Le pacte scolaire conduit nécessairement à son pendant sociétal.

En Belgique, il a amené à un excellent compromis dans le respect de toutes les opinions religieuses et philosophiques après une guerre scolaire de plus d’un siècle.

Tout peut s’exprimer dans le cadre de l’enseignement ainsi que dans certains lieux plus fermés. "Lors d’une de mes missions pour l’Unesco, poursuit-il, je cherchais à établir un dialogue entre les Israéliens et les autorités palestiniennes des territoires occupés. Un couvent au sein de Jérusalem obtient l’aval des deux parties. L’école peut être source de conflit mais plus souvent de paix ou de solutions pour y arriver." Et ici, l’expertise belge est fort appréciée tout comme dans la conclusion du pacte culturel qui garantit le respect des minorités.

Conseiller du pape

Voici peu, Jan De Groof a été nommé par le pape conseiller pour l’éducation et l’enseignement, un grand honneur dans un domaine dans lequel notre pays a toujours excellé.

Son rôle ? Réfléchir sur la meilleure façon de régler les conflits qui pourraient survenir entre Eglise et Etat dont la solution passe souvent par le régime politique octroyé aux écoles. Le pape François a parfaitement compris toute l’importance de faire appel à des experts laïcs qui, par leur connaissance de la société temporelle, sont plus à même de diagnostiquer dans les dossiers les éléments sources de conflits qui nécessitent de trouver un compromis. Mais là ne s’arrête pas la mission. Les subventions à donner aux cours de religion dans les écoles, le statut du corps enseignant chrétien, les problèmes liés à la bioéthique, la gestion pure et simple d’une école catholique sont autant de dossiers initiés ou abordés qui regardent directement l’enseignement   confessionnel. La problématique de l’accueil des réfugiés et des migrants dans les écoles s’y est évidemment ajoutée.

Pratiquement, le pape a demandé à Jan De Groof, et à la douzaine d’experts qui l’entourent, d’être à même de donner un certain nombre de conseils politiques et juridiques sur les matières les concernant. De Groof a pour sa part été chargé d’organiser une équipe en vue de la tenue d’un grand congrès mondial sur l’avenir de l’enseignement catholique. L’événement s’est passé à Castel Gandolfo et s’est terminé par une communication de Jan De Groof devant 7.200 personnes dans l’auditoire Paul VI au Vatican sur le thème du rôle de l’école catholique en 2030. Il est bon de rappeler ici que le premier document sur la doctrine catholique dans le domaine de l’éducation avait été rédigé en 1965 dans le cadre de Vatican II par une équipe de théologiens de l’Université de Louvain. Pour ce titre de conseiller, purement honorifique, Jan De Groof n’est gratifié d’aucun émolument. Tout au plus reçoit-il le gîte et le couvert quand, tous les deux mois, il se rend à Rome.

L’Anversois apprécie beaucoup la méthode de travail du pape qui privilégie les réunions en groupe alors que son prédécesseur préférait le tête-à-tête. Selon lui, François est un vrai réformateur, "qui veut faire bouger les choses de l’intérieur.

Il se remet en question tout comme il le fait pour le fonctionnement de l’Eglise.

C’est, comme tout le monde le sait, une très grande personnalité morale qui a un véritable impact spirituel." Et le conseiller de Sa Sainteté de préciser que si la bureaucratie au Vatican est encore aux mains de la hiérarchie italienne, l’introduction progressive de laïcs de tous horizons corrige petit à petit cette trop grande emprise.

Libre et officiel ?

Défenseur de l’enseignement catholique, on ne s’étonnera donc pas de savoir que Jan De Groof est favorable au maintien en Belgique des deux grands réseaux d’enseignement. "Bien entendu qu’il faut ce pluralisme car ce qui tue la qualité, c’est l’uniformité, explique-t-il. Il est essentiel de laisser à chacun le choix dans les objectifs et le projet qu’il entend donner à son enfant à travers l’école. Il est vrai que les projets éducatifs de chaque réseau sont mieux définis en Flandre qu’ils ne le sont en Wallonie où l’interventionnisme politique est beaucoup plus important. Il faut bien entendu permettre aux non-croyants de fréquenter l’école libre confessionnelle mais ils doivent en accepter le projet. L’école catholique doit être un lieu ouvert à tous et à ce titre ne pas être réfractaire à d’autres obédiences que la sienne même si on ne demande évidemment pas de les prôner."

Être croyant veut dire croire dans le besoin de l’identité de l’autre même si elle n’est pas sienne ; c’est avant tout respecter l’autre tel qu’il est. Mais n’est-ce pas là l’essence de la démocratie ? "Oui, conclut Jan De Groof, cela se nomme tolérance."

Jan De Groof apprécie beaucoup la méthode de travail du pape qui privilégie les réunions en groupe.

"Il faut un pluralisme de l’enseignement car ce qui tue la qualité, c’est l’uniformité."

 *www.cathobel.be

 


mercoledì 2 maggio 2018

France. L'ECOLE, C'EST POUR TOUS LES ENFANTS!


Une campagne de sensibilisation à la scolarisation des enfants à besoin éducatif particulier s'appuie sur une édition spéciale de Mon Quotidien distribuée dans 40000 classes de CM2 et sur un site Internet qui propose des ressources et des coopérations avec des personnes en situation de handicap pour conduire des séances de sensibilisation en classe.
« L’école, c’est pour tous les enfants ! » le titre de l’édition spéciale de Mon Quotidien, journal d’information dédié aux 9-13 ans  et dédiée à la scolarisation des enfants handicapés sonne comme un slogan. Ce pourrait être la devise de l’école parisienne de la Porte d’Ivry où il a donné lieu à un débat en classe avec les acteurs associatifs qui ont participé à la rédaction du numéro et Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.
« Chacun son talent ou son handicap plus ou moins caché ! » affirmait en substance cette classe de CM2 où la différence allait si bien de soi que les visiteurs étaient bien en peine de deviner quels élèves l’auxiliaire de vie scolaire était chargée d’accompagner. « Les différences, elles sont partout car chacun est unique... » …  « Et heureusement car si on se ressemblait tous, si on pensait tous pareil… on s’ennuierait, on inventerait rien »« Et puis, cela permet aussi de s’entraider, d’aller plus loin… un peu comme dans les dictées négociées où on compare nos textes pour se corriger mutuellement nos fautes. »
Intarissables sur le sujet, les élèves avaient nourri leur réflexion à la lecture de Mon Quotidien, support de la campagne de sensibilisation annuelle conduite en partenariat avec l’Apajh, l’APF, l’Unapei et le CCAH qui a été distribué dans 40 000 classes de CM2. Une année charnière où l’enjeu est « d’ancrer cet accueil positif et bienveillant du handicap en classe en vue des années collèges, plus difficiles », a explicité Sophie Cluzel.
En effet, si l’inclusion scolaire est désormais inscrite dans le code de l’éducation et que les effectifs d’enfants handicapés accueillis à l’école qui ont presque doublé en dix ans, il reste une « marge de progression importante en matière de continuité des parcours scolaire des élèves à besoins éducatifs particuliers », a témoigné Jacques Biringer, délégué national APAJH, tandis que Luc Gateau, président de l’Unapei évoquait les « 20 000 enfants sans solution éducative ». Les acteurs éducatifs, s’ils ont salué l’effort d’accompagnement des élèves à besoin éducatifs particulier se sont interrogés sur cette demande en constante hausse, dans lequel ils voient aussi un indice du fait que la culture inclusive reste à consolider.
Pour ce faire, leur campagne inclusive s’appuie également sur un site Internet proposant des outils de sensibilisation à l’accueil du handicap : témoignages vidéo, dessins animés –notamment de la série Vinz’ et Lou-, affiches thématiques et leurs livrets pédagogiques qui offrent de précieux supports pour conduire des débats en classe. Ce site se veut aussi une plateforme de mise en relation entre les enseignants et les acteurs associatifs pour co-construire des séances de sensibilisation. L’authenticité des échanges, la multiplicité des questions des enfants aux intervenants du 22 janvier illustrent tout l’intérêt d’associer des personnes porteuses de handicap à ce travail. Des coopérations encouragées aussi par Sophie Cluzel. La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a notamment plaidé pour des collaborations accrues entre l’école et le monde médica-sociale en pleine mutation.